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Crédit photo : Paris Gaming School

 

Le mois de septembre rime avec « rentrée ». En effet que l’on soit salarié, étudiant ou écolier, cette période de l’année correspond à la fin des vacances et de la flânerie estivale. Mais c’est aussi la rentrée dans le monde de l’esport ! Les compétitions sur les différents titres vidéo ludiques ne sont pas en reste.

Nous avions parlé, par exemple, de la Comic Con Africa avec la finale du VS Gaming sur Hearthstone, mais un gros évènement a également eu lieu avec l’ESWC de Metz qui est une LAN rassemblant des joueurs de tous horizons, que cela soit sur League of Legends, Fortnite ou encore Hearthstone ! On peut également citer le second Major de Londres sur Counter-Strike qui avait débuté le mercredi 5 septembre. C’est aussi les derniers matchs des LCS EU sur League of Legends, avec la victoire de la team Vitality sur les Misfits le 8 septembre les propulsant vers les mondiaux et celle des Fnatic contre le FC Schalk 04 il y a à peine une semaine.

Mais cette rentrée ne se joue pas que du côté des compétitions, c’est aussi une rentrée pour les hypothétiques futures étoiles montantes de l’esport. Effectivement, avec l’importance toujours croissante du phénomène de l’esport, on voit de plus en plus d’écoles monter leur propre branche relative au gaming. C’est le cas notamment pour différentes écoles de commerce qui s’intéressent de près à ce sujet.  On a par exemple le cas de l’ISEFAC et de l’INSEEC. Un des membres de notre association fait partie de la première et nous livre ses impressions quant à ce cursus particulier.

« Bonjour, je fais partie de l’association RESTART Esport Club sous le pseudonyme de Dreams. J’ai 21 ans et j’ai effectivement intégré l’ISEFAC après avoir eu en poche une licence en économie. C’est une branche bien pensée et bien organisée. Elle permet d’allier études sérieuses et passion. C’est une bonne manière pour les jeunes étudiants d’aborder le sujet avec leurs parents qui peuvent se montrer réticents quant à ce choix d’étude. Le plus gros avantage c’est qu’au bout de la formation on obtient un diplôme reconnu par l’État. C’est un cursus très sérieux, avec de nombreuses matières. On apprend par exemple les rouages de la création graphique, la gestion web, comment organiser des évènements, le marketing. On a également un gros travail sur soi à effectuer par le biais de prise de parole en public, savoir se « vendre » et beaucoup de travaux de groupe. C’est un plaisir d’intégrer cette formation car on est entouré de personnes qui partagent la même passion et on ne ressent pas la peur de se sentir jugé ou moqué parce que l’on aime l’esport et les jeux vidéo. En plus de cela, la plupart de nos professeurs sont des intervenants qui travaillent dans le milieu de l’esport et qui connaissent bien ce secteur».

Le jeu vidéo est désormais à la deuxième place dans la liste des industries culturelles françaises, avec en 2017 un chiffre d’affaires de 4.3 milliards d’euros selon le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL). Il n’est donc pas étonnant de voir ce secteur investir nos différentes universités ou écoles, voir de provoquer la création d’établissements spécialisés. Parmi ceux-ci, on retrouve la Paris Gaming School qui est une école consacrée uniquement à la formation spécialisée dans les métiers liés à l’esport. On a aussi la Power house gaming à Mulhouse en Alsace ou encore la Hélios Gaming School aux environs de Metz, ainsi que l’important projet mené à Lyon de créer un campus gaming dans le centre de la ville qui fera sa rentrée en octobre prochain. Dans ces établissements pas question de chômer ! Ce n’est pas parce que l’on parle de jeux vidéo que l’éducation et les enseignements sont négligés. En effet, les programmes s’articulent souvent autour du droit, de l’histoire (notamment celle du sport), du management, du marketing ou bien de l’économie et cela appliqué au milieu de l’esport.  Aux enseignements « classiques »  s’ajoute évidemment des ateliers de streaming, des interventions des professionnels du métier, des sessions de jeux et d’analyse des parties. Ces écoles essayent de se calquer sur les modèles déjà existants dans les écoles de commerce afin d’obtenir le plus de crédibilité possible.

Nous en avons également profité pour demander son avis à Dreams quant à ses nouvelles écoles de l’Esport :

« Je ne suis pas fan de ce genre d’école car tu es formé a quelque chose qui n’existe pas.  La formation que l’on dispense dans ces écoles amène la plupart du temps à l’obtention d’un diplôme qui n’est pas reconnu par l’État. Cela signifie que si tu ne perces pas dans le milieu en tant que très bon joueur, ta formation n’aura pas servi contrairement à une école plus conventionnelle qui permet d’avoir plusieurs cordes à son arc en cas de pépin. Ce sont aussi des écoles privées ce qui nécessite d’investir des grosses sommes d’argents pour pouvoir y adhérer et ces sommes ne sont pas toujours rentabilisées lorsque l’on sort de l’école. L’Esport est de plus en plus en train de se structurer de manière précise et surtout de se professionnaliser ce qui amène à la nécessité d’acquérir des diplômes solides pour pouvoir travailler dans ce milieu. »

Ces écoles ne font donc pas l’unanimité. Surtout lorsque certains scandales éclatent comme cela avait été le cas il y a peu avec l’Esport Academy de Nantes (insalubrité, pas de professeurs, pas d’encadrement …).  Il reste encore du temps à la France pour mettre en place de véritables structures en ce qui concerne la formation aux métiers de l’esport. Notre pays reste loin derrière comparé à certains comme la Chine ou les pays nordiques (la Norvège) qui eux accordent beaucoup plus de crédit à la professionnalisation du milieu.

 

 

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